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NOUS AVONS REALISER NOTRE PREMIERE GRANDE MIGRATION DEPUIS LA SUEDE AVEC LES OIES NAINES. (Potos en bas du texte)
OPERATION OIES NAINES" 2000
km en ULM (dont 900 au-dessus de la mer Baltique le long des côtes sauvages
de Suède) parcourus avec 30 oies naines depuis le centre de la Suède, jusque
sur une réserve naturelle au bord du Rhin en Allemagne, près de la frontière
hollandaise " ON NE PEUT AIMER ET VOULOIR PROTEGER QUE CE QUE L’ON
CONNAIT.
" Jeudi 7 octobre, 9 heures du matin, nous volons à 350 m d’altitude, Paola toujours assise à l’avant de l’ULM biplace et nos 27 oies naines en formation merveilleuse de chaque côté de l’aile. L’air est très frais ce matin. L’or des premiers rayons du soleil illumine les nombreuses fumées d’usines au-dessus des brouillards encore présents près du sol. Nous survolons la Ruhr, le spectacle est extraterrestre. Je décide d’approcher une importante centrale nucléaire, Paola proteste… les oies me suivent. Une demi-heure plus tard et 30 km plus loin Paola qui est le plus souvent nerveuse en vol me dit très calmement : regardes ce qui nous arrive en face…un missile ? Tel un requin fonçant droit sur nous, un jet de l’armée allemande va dans un instant croiser notre exacte trajectoire en sens inverse. Ce qui n’était qu’un point à l’horizon se transforme en un éclair en un énorme obus qui esquive in extremis notre groupe. J’ai juste le temps de reconnaître un avion Tornado et de faire un geste de la main au pilote. Les oiseaux n’ont pas bronché. Paola ne parlera qu’après avoir repris sa respiration. Nous pensons l’avoir échappée belle, c’est la dernière étape de notre long voyage semé de nombreuses difficultés et si près du but nous restons encore sur le qui vive. Le ciel est grand et ce genre de rencontre reste heureusement exceptionnel. Nous apprendrons plus tard que la Direction de l’Aviation allemande avait averti par sécurité les services de l’armée de l’air de notre présence, et par curiosité, certains pilotes souhaitaient seulement nous rencontrer en vol... La
belle vallée du Rhin se profile maintenant à l’horizon, c’est l’aboutissement
de notre long voyage. Au confluent de la rivière Lipe se trouve une
importante réserve naturelle où des biologistes allemands nous ont proposé de
faire hiverner nos oiseaux rares. Dans quelques jours 20 à 30 000 oies
rieuses viendrons y installer leurs quartiers pour la mauvaise saison. Un
spectacle grandiose renouvelé chaque année depuis que les autorités
allemandes ont intelligemment imposé localement des mesures
agro-environnementales favorables à cette espèce et à de nombreux autres
oiseaux. Près de ce paysage si industrialisé que représente la Ruhr, de
vastes réserves naturelles pleines d’oiseaux contrastent de manière
surprenante. Nos oiseaux en tout cas auront la chance de vivre ici une
indépendance au contact de milliers de leurs congénères sauvages et sur des
territoires où leur protection est efficacement assurée. C’est ce que nous
voulions, pour permettre à notre première expérience grandeur nature d’avoir
le maximum de chance de réussite. Nos
oiseaux proviennent de la reproduction de couples captifs d’oies naines. Il
n’était évidemment pas question pour nous de réaliser une expérience avec des
œufs qui auraient été prélevés dans la nature. Toute la science des petits
amateurs passionnés d’élevage d’oiseaux peut nous permettre aujourd’hui
d’envisager de remettre dans la nature des espèces qui n’existent
malheureusement plus qu’en captivité. 95% de nos œufs auront donné des
naissances, c’est un très bon résultat. L’oie
naine était encore très présente en Laponie il y a à peine trente ans. Elle
est aujourd’hui pratiquement disparue pour cause principale de pression
abusive de chasse dans ses traditionnels quartiers d’hiver autour de la mer
Noire et de la mer Caspienne. Pour le reste de la population sibérienne de
ces oiseaux il est important de signaler qu’en hivernage 90 % des jeunes de
l’année ne survivent pas au premier hiver. Parmi ces 90 %, 80 % des oiseaux
sont tués par de riches chasseurs européens organisés en tours opérators et
venus se défouler pour faire des cartons dans les "réserves
naturelles" de quelques pays de l’Est. C’est un scandale qu’il faut
dénoncer. Un ami me disait l’autre jour avoir entendu un chasseur se vanter
d’avoir descendu 3000 sarcelles en une semaine à l’occasion de ces voyages
organisés… Enfin
bref, si nous voulons pour notre part être utiles aux oies naines, il nous
faudrait pouvoir organiser pendant quelques années des migrations telles que
celle que nous réalisons aujourd’hui, et avec plusieurs ULM accompagnés à
chaque fois d'une centaine d'oiseaux. Notre but est en effet de commencer à
réintroduire dans la nature cette espèce et de lui proposer de nouvelles
zones d’hivernage où elle sera efficacement protégée et où les couples formés
pourront ensuite faire hiverner eux même leurs propres jeunes. Le paris est
simplement financier puisque ce genre de voyage coûte cher, mais que nous
savons maintenant la chose tout à fait réaliste et efficace. Ces oiseaux
n’ont pas complètement l’instinct de la migration, c’est simplement au cours
du premier hiver qu’ils découvrent les voies de migration en compagnie de
leurs parents et qu’ils reproduiront ensuite chaque année le premier voyage
effectué en famille. Notre famille aujourd’hui se compose d’un nombre
important d’animaux pour une seule machine et nous sommes assez fiers d’être
arrivés jusque là après avoir surmonté une incroyable quantité de
difficultés. Nous réalisons une première européenne et il nous faut enfoncer
des barrières énormes, géographiques, météorologiques,
"déontologiques" et surtout administratives dans quelques pays
verrouillés par la fonction publique. Heureusement d’éminents scientifiques
européens énergiques et modernes nous apportent tout leur soutien. Les
oiseaux migrateurs libres, eux, ne connaissent pas les frontières, mais
s’agissant de celles de la France par exemple, il faudrait par contre pouvoir
leur en signaler efficacement les bornes... Chassés dans l’Hexagone du 14
juillet jusqu’à la fin du mois de février, de jour comme de nuit dans
certains "beaux" départements, ils feraient bien d’éviter de nous
survoler. Les rapports des scientifiques sont édifiants s’agissant des abus
de la chasse dans notre pays. Ces oiseaux qui pour le plus grand nombre ne se
reproduisent pas en France, jouissent de mesures de protection importantes
dans la plupart des autres pays européens. Nos chasseurs français profitent
impunément et sans contres parties ni pudeur des mesures de protection
étrangères s’agissant de ces animaux. Pendant notre voyage nous avons eu
mainte fois l’occasion de bien comprendre le sentiment des habitants du nord
de l’Europe à l’encontre de la France. Ces peuples sont vraiment très
respectueux de la nature. Le pire est que seule une minorité d’individus de
la chasse extrême dicte à nos politiques comment "gérer"
l’environnement, la démocratie a bon dos et ce serait à la révolution de 1789
que l’on devrait cela ? Ce
7 octobre, à 11h45 une bande de nuages cumulus se profile maintenant vers
nous juste ¼ d’heure avant notre arrivée prévue. Serait-ce là encore une
épreuve imposée par le ciel pour le dernier jour de notre migration ? Paola
me demande de passer sous cette couche. Mais, c’est au-dessus que l’air est
le plus calme, je décide donc de pousser les gaz. Les oies rament un peu,
mais n’ont aucun mal à monter avec nous vers 2000 m. Il fait encore plus
froid à cette altitude, mais quel spectacle grandiose, l’épreuve du ciel
n’est finalement qu’une expression de plus du miracle de la beauté de la
nature et de la vie qui vol autour de nous. Nous flottons entre les sommets
des nuages de cotons avec tous nos oiseaux autour de nous. C’est merveilleux,
nous sommes heureux comme sur un "petit nuage", heureux de profiter
du succès de notre arrivée après tant de péripéties depuis le départ de
Suède. Nous descendrons ensuite lentement vers la réserve. De nombreux
journalistes nous attendront. Nous n’aurons pas grand chose à pouvoir
exprimer, souhaitant juste embrasser nos amis allemands qui nous ont tant
aidés, et notamment le Docteur Wolfgang Scholz de l’Aéro-club National
d’Allemagne. Dans l’après-midi qui suit, je les fais voler un par un avec moi
autour de la vaste réserve qui borde le grand Rhin et avec tous nos oiseaux.
Nous survolons à quelques mètres de nombreuses péniches et Wolfgang pense un
moment que je vais me poser sur l’une d’entre elles, il est très impressionné
par les oies qu’il peut toucher en vol de la main. Je suis heureux de le
faire voler, comme moi il est passionné d’ornithologie et aujourd’hui il est
un oiseau. Quelques passages seulement au-dessus de la réserve et les oies
mémorisent complètement la géographie du lieu. Ces petits vols pour notre
plaisir leur sont donc aussi très utiles. Bientôt mélangées aux milliers
d’oies sauvages qui fréquentent la place comme dortoir nocturne, elles
découvriront avec elles pendant les journées d’hiver les riches plaines
alluviales qui bordent le fleuve européen. Paola va rester avec elles pendant
quelques semaines encore, pour ma part je dois déjà être en France demain
pour reprendre mon travail à la station météo d’Aurillac dans le Cantal. Il
était grand temps que notre voyage se termine. " ETC… NOTRE PROCHAIN GRAND VOYAGE PARTIRA DE
LAPONIE, AVEC DE 4 A 5 ULM SUIVIS PAR 100 A 150 OIES NAINES. NOUS DEVONS
TRAVAILLER AINSI PENDANT 3 A 4 ANS POUR CREER UNE SOUCHE D’OIES NAINES
CAPABLE DE REALISER ENSUITE DES MIGRATIONS SEULES AVEC LEURS PROPRES
PETITS.NOUS DEVONS FINANCER CE FORMIDABLE PROJET DU 3 EME MILLENAIRE, NOS
MOYENS SE LIMITENT AUJOURD’HUI A UN SEUL ULM ET A UNE FORMIDABLE ENVIE DE REUSSIR.
VRAIMENT UN GRAND MERCI DE NOUS AIDER. Vous pouvez commander le DVD ou les posters en
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Des images de toute beauté
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